The Blind society

« TACHIBANA AU RAPPORT ! »

Le haut-parleur de la salle de surveillance raisonna du doux son cristallin qui appartenait au beuglement du commandant en charge de l’équipe en place ce matin. Il ne restait que deux petites heures avant la relève. Deux malheureuses heures et le caporal Hitomi Tachibana aurait pu rentrer chez elle pour se plonger dans le lit douillet qui l’attendait depuis la veille. Les équipes de nuit avaient l’habitude de vivre en décalage avec les autres, mais nous étions à Neo-Tokyo, la ville qui ne dormait jamais.

La jeune femme soupira d’agacement avant de se lever. Elle n’était pas la plus impressionnable des caporaux, mais était la seule femme gradée de l’équipe. C’était donc plus facile de décharger sa haine sur elle. Elle savait bien ce que voudrait le commandant et elle traversa la tête haute sous le regard compatissant de ses collègues, heureux de ne pas être à sa place. Pourtant, aujourd’hui était différent. Le caporal James Johnson se leva pour l’accompagner. Elle lui offrit un petit sourire amusé, il était d’humeur à hurler sur le commandant apparemment.

« Vous m'avez appelé, Commandant ? »

Elle se mit au garde-à-vous en même temps que son homologue masculin et le commandant fronça les sourcils tout en décidant d’ignorer la présence de l’homme.

« Expliquez-moi ce qu’il s’est passé la nuit dernière ! Pourquoi les éclaireurs sont-ils revenus blessés ?! »

Aïe, elle l’attendait cette question. La nuit dernière avait été un fiasco. 14 juillet 2019. Ils avaient juste à surveiller le quartier français en cette soirée de Fête Nationale. Habituellement, les autres zones étaient calmes, mais pas cette fois. Un illuminé avait décidé de mettre le feu à une maison en construction dans un quartier fréquenté à quelques rue du coeur de la fête. Dans cette maison vivaient trois familles, on comptait 15 victimes pour trois survivants. Et ils avaient perdu un soldat ce soir-là. Un véritable fiasco. Tachibana prit son courage à deux mains et tenta d’expliquer la situation, l’expansion du groupe rebelle et l’acharnement du gouvernement japonais à refuser d’entendre ce que la population de la ville a à dire. Le commandant ne parla pas de tout le discours et cette fois-ci, il hocha la tête. Pas de cri, pas de réprimande, juste de la résignation. Ils avaient encore frappé. Ils avaient encore été les brutes qu’ils ont toujours été et 15 personnes étaient mortes.

« Qu’en est-il du jeune Ikeda ? » demanda-t-il en regardant dans le rapport que son équipe lui avait fait la veille.
« Il n’avait pas de famille, mais il sera décoré comme il se doit. Il était un de nos meilleurs éléments. » Annonça l’homme, qui s’était chargé des recherches pour savoir qui prévenir.
« Comme les 50 derniers que nous avons perdus, je suppose... »

Le commandant se leva et alla vers un écran pour actionner la retransmission en direct de la chaîne d’information nationale.

« ... Il semblerait que l’attentat a eu lieu la nuit dernière dans l’agrandissement prévu du quartier de Bunwato-su. Nous vous rappelons que cet agrandissement a été voté à l’unanimité par le conseil de la ville pour le bien de tous, l’ancien bâtiment à la place de ce nouveau pôle d’habitation menaçait de s’écrouler, risquant la mort de huit personnes... »

Le commandant claqua la langue pour montrer son mécontentement sur ce que disait la présentatrice crispée par une nuit à couvrir l'actualité brulante de la ville. Ces Gigantics étaient de vraies plaies. Ils ne s’imaginaient pas ce que pouvaient cacher les apparences, ils ignoraient leur présence et les deux caporaux se demandèrent pourquoi ils étaient encore là.

« Pensez-vous que nous arriverons un jour à vivre en paix ? » marmonna l’homme face à son écran.
« Nous ferons tout pour, commandant. Vous pouvez compter sur nous. » Lança la jeune femme avec toute la conviction dont elle était habitée.

L’espoir, c’est tout ce qu’il restait actuellement. Les pertes humaines étaient absolument colossales comparées au nombre qu’eux étaient. Ces immenses créatures qui osaient penser qu’ils étaient des humains. Non, la dénomination la plus juste pour eux était des monstres. Le commandant renvoya à leur poste les deux personnes et continua d’écouter la télévision, parlant de ce groupuscule terroriste qui faisait tout pour réduire à néant ce que le gouvernement mettait en place. Ils n’étaient même pas capables de s’entendre entre eux. Un soupire traversa ses lèvres et une fenêtre de communication clignota.

« Commandant ! Il y a une émeute dans le secteur de Shinagawa-ota. Nous envoyons une équipe pour évacuer les maisons qui risquent d'être touchées ! »

La nuit était loin d'être terminée.

Neo-Tokyo. Capital du Japon, pays d'Asie appartenant aux États-Unis depuis 1945. Dans une petite école de quartier, le professeur attendait les étudiants pour un cours qu'il espérait intéressant. Il avait beaucoup de chance d'avoir ce poste alors qu'il était japonais. Le Japon a énormément changé depuis la Seconde Guerre mondiale. Hideo Yoshizawa était conscient que cela allait être difficile aujourd'hui, mais il n'avait pas le choix. Les États-Unis avaient des directives et il devait se plier à cela. Être un natif dans une école américaine était déjà assez épuisant comme cela. Il salua les premiers étudiants qui venaient d'arriver et il se leva pour allumer le tableau. Le titre de la leçon s'afficha dessus, montrant à tous le thème de l'heure qui allait suivre.

« Neo-Tokyo, Histoire de la ville et du Japon. »

Voilà, tout le monde était enfin arrivé et il actionna un module qui désactiva tous les appareils de communication des élèves, leur laissant accès uniquement aux numéros d'urgence obligatoires.

« Bonjour à tous, la séance d'aujourd'hui portera sur la ville et sur l'histoire du Japon, est-ce que quelqu'un sait depuis quand le Japon appartient aux États-Unis ? »

La surprise sur leur visage lui indiqua que non, les étrangers avaient tendance à oublier que le Japon était un pays libre il y a de cela bien longtemps.

À vrai dire, ses droits lui ont été retirés après la Seconde Guerre mondiale, quand il ne put avoir d'armée digne de ce nom suite à la défaite de l'Axe. Les Alliés se sont partagé les vaincus, l'Europe se battant l'Allemagne avec la Russie alors que les États-Unis avaient une proie bien plus intéressante pour eux : Le Pays du Soleil levant.

Les étudiants le regardent un instant alors qu'il reprend son explication.

Il fallait qu'il leur parle de l'arrivée massive d'Américains sur le sol japonais et qui s'installèrent en masse dans les grandes villes pour coloniser culturellement son pays tant aimé. Il n'a pas vécu cette période de leur histoire, mais son ressenti est le même que beaucoup d'autres natifs, il voulait sa liberté. L'apprentissage intensif de l'anglais fut imposé dans les écoles pour rendre les Japonais bilingues, pour éviter que les enfants ne puissent communiquer qu’avec une partie des habitants, l'anglais devenant la seconde langue la plus parlée du pays. Franklin Roosevelt savait qu’il fallait y aller en douceur alors il garda la langue japonaise comme langue principale. Fasciné par la culture asiatique, il accepta aussi d’épargner l’identité ethnique du pays.

Guérissant de leurs blessures, les Japonais ne purent rien faire face à ces arrivées massives de ce peuple dans leur patrie, imposant leur manière de vivre et leur moeurs. Le Japon a été vaincu sans espoir de retour en arrière. L'Allemagne fut libérée au fil du temps, mais les USA refusèrent de rendre ce pays si profitable. Cela est encore source de conflit avec les autres pays, mais qui risquerait la guerre pour un pays si insignifiant ?

Hideo retint un soupire.

Son pays s’américanisant toujours plus est aujourd'hui un bastion d’un monde multiculturel qui respecte les traditions du Japon tout en apportant celles d'autres peuples. Cela donne cours à quelques débordements, mais le flegme naturel des Japonais arrive à calmer les ardeurs des plus tapageurs. Il n’est pas rare de croiser des gens venant des quatre coins du monde dans les rues de Tokyo.
« Le type de population a vraiment changé depuis 1945 ? »

Hideo esquissa un sourire, les jeunes avaient du mal à comprendre comment cela était possible d'avoir autant de changement en si peu de temps.

La population neo-tokyoîte est pourtant diversifiée. On rencontre encore beaucoup d’Asiatiques, mais il n’est pas rare de croiser des habitants devant d’Europe, d’Amérique, d’Afrique ou bien d’Océanie. Tous ces gens coexistent dans cette ville, car ils ont mis en place au fur et à mesure du temps des quartiers où chaque groupement de personnes a une culture semblable. Il est bien évidemment possible qu’un membre d’une autre culture habite ces quartiers, mais beaucoup préfèrent rester entre eux pour continuer de vivre comme dans leurs pays respectifs.

Il existe aussi des Japonais avec des origines diverses, que ce soit par brassage de la population ou encore parce que des parents venus d’autres pays ont donné naissance à des enfants sur le sol japonais, comme la plupart des étudiants de cette école.
« Quelle est la situation politique du pays ? »

La question qu'il redoutait le plus. Il se devait de dire la vérité, mais il tenait à son poste alors il préféra broder un système démocratique équitable alors qu'il n'en était rien.

En réalité, les États-Unis ont utilisé les ressources techniques du pays et continuent d’en faire l’endroit le plus à la page au niveau high-tech. Les dernières innovations viennent d’ici, mais tout cela a un prix. Il n’est pas compliqué de voir ce qu’il ne va pas en s’imaginant ce fier pays se faire dominer par un pays tel que les États-Unis. On remarque cette invasion occidentale rien qu’en marchant dans la rue. Il y a un pourcentage d’Occidentaux vivant à Tokyo assez impressionnante et il n’est pas rare de pouvoir en croiser dans la rue.

La première chose que l’on peut observer dans cette société, c’est que c’est encore un système démocratique où chaque personne peut voter pour qui il veut. La subtilité est que souvent, les candidats qui sont présentés sont favorables à l’envahisseur occidental et qu’il est difficile pour un politicien qui prône que le pays redevienne japonais de se faire élire, car il aura tendance à se faire oublier un peu des médias. Il n’y a pas d’assassinat, mais le fameux candidat se retrouvera souvent enrôler dans un autre parti politique ou il sera corrompu. Les gens ont tendance à râler contre ce genre de pratique, mais comme le Japon est quand même un pays relativement sécuritaire et qu’il y fait quand même bon vivre, ce mode de vie a tendance à endormir les opinions négatives sous un coulis de « Ça pourrait être pire, après tout, on est libre quand même ».

Malheureusement, il y a aussi des inégalités qui font grincer les dents. Les Caucasiens ont de base moins de risque de se faire embêter par la police, car ils ont des ordres et les forces de l'ordre occidentaux ont aussi tendance à contrôler plus souvent les personnes qui ne sont pas occidentales. Il est certains que les citoyens ont un peu plus de tranquillité s'ils tombent sur un policier japonais, ils sont réputés pour être moins regardant sur certaines choses, surtout si la personne en face est orientale. Il y a des fois des tensions à cause de ce genre de chose, mais peu de gens se révoltent, restant dans leur quotidien sans se soucier de cela. L’arrivée des montres d’identification a été plutôt bien acceptée même si certaines personnes pensent que c’est un moyen de contrôler la population.

Les tensions vont peut-être finir par éclater, mais pour le moment, le monde est plus centré sur la sortie de la prochaine montre d’identification à la mode plutôt que de combattre l’injustice qui sévit dans ce monde.

Et ces enfants ne doivent pas encore voir la réalité des choses. Ce sont des citoyens américains, ils ont plus de droits que leur professeur devant eux.

« Il y a eu beaucoup de changement au niveau de la science et des technologies ? »

Hideo tritura son bracelet d'identification. Oui, beaucoup de choses ont changé.

Le Japon a travaillé pour les États-Unis et ils ont gagné. Ils ont mis au point, au fil du temps, un bracelet qui remplace la carte d’identité et divers papiers. La plupart des gens pensent que c'est une bonne chose, car c'est plus simple, mais la capacité de pistage est effrayante. Le tout dans le but de vérifier encore et toujours les faits et gestes de chaque individu, mais aussi pour leur faciliter la vie. Plus besoin de carte de crédit ou d’avoir un portefeuille rempli d'un nombre incalculable de cartes de fidélité, tout est informatisé sur le bracelet. Un écran sert à naviguer dans les divers menus et chaque magasin a un appareil spécial qui scanne le bracelet pour en recueillir les informations de paiement. La police a aussi des dispositifs pour scanner ces bracelets et avoir ainsi les informations d’identification de la personne.

Les contrôles sont d'ailleurs de plus en plus fréquents depuis la révolte du quartier français. Hideo restait persuadé que cela avait un rapport avec Mirai Technology, cette entreprise obscure qui semble chercher quelque chose dans leur procédure.

Beaucoup de gens ont abandonné le téléphone portable pour se servir de leur bracelet comme appareil de communication, connectant par Bluetooth des écouteurs avec un micro. Les ordinateurs se sont améliorés, ils sont plus rapides et les écrans ont été remplacés par des surfaces transparentes.

La porte s'ouvrit d'un coup et la connexion au réseau internet se remis en fonction, le cours est terminé. C'était une bonne session, il s'agissait d'une classe plutôt facile. Ce ne sera sans doute pas le cas pour la suite de la journée... Il ne fallait pas qu'il craque.

Annexe Gigantis à écrire

Annexe Midget à écrire

Une belle matinée de Juillet. Néo-Tokyo s'éveille doucement dans la brume du matin. Le soleil se lève tôt dans ce pays insulaire et les portes de l'office du tourisme du quartier se trouvant au centre de la ville se déverrouillèrent. Il s'agit d'un quartier très actif et la porte s'ouvrit avec le bruit caractéristique de la sonnette indiquant qu'une personne venait de rentrer. La jeune Japonaise se trouvant à l'accueil sourit aux deux personnes qui venaient d'entrer. Une occidentale et un asiatique. Coréen peut-être.

« Bonjour, comment puis-je vous aider ? » demanda l'office lady avec un fort accent.

La jeune femme lui sourit en retour et s'approcha d'elle, une carte à la main. Elle déposa la carte sur le comptoir et laissa l'homme regarder les prospectus. Il y avait différentes activités organisées dans ce quartier et il choisit quelques flyers. Un voyage dans la vieille gare, une visite du musée du coin et autre joyeuseté.

« Bonjour mademoiselle. Excusez-nous de vous déranger, mais nous sommes venus au Japon pour visiter un peu la ville. Est-ce que vous pourriez nous expliquer comment est agencée la ville ? »

La jeune occidentale blonde, du nom de Carmella Peyton, montra sa carte.

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La jeune employée se pencha dessus pour l’examiner. Sa ville avait tellement changé. Elle l’avait toujours connu comme cela, mais on lui avait appris la vérité.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Tokyo a beaucoup changé. Les USA trouvaient qu'il y avait beaucoup trop d’arrondissements et ont décidé d'en fusionner plusieurs. C'est ainsi que Tokyo est passé de 23 arrondissements à 10. Sur la carte, les délimitations plus claires sont les délimitations des anciens quartiers. Les noms ne sont pas forcément aux goûts de tout le monde, les autorités ayant décidé de mixer les noms sans faire attention au sens que pourraient avoir certains mots.

Elle pointa un des arrondissements les plus au nord tout en regardant l’homme qui continuait à feuilleter les prospectus. Elle trouva ce comportement un peu étrange, mais elle n’était pas là pour juger.

Mabashi-Kita

« Cet arrondissement se nomme Mabashi-Kita. Il regroupe ceux de Nerima, Itabashi et Kita. C'est un quartier surtout résidentiel, mais à Nemira, vous pourrez trouver les studios d’animation populaire de la ville. D’après les guides que nous avons, il est réputé pour abriter des quartiers étrangers comme le quartier hispanique ou l’Africain. Il y a beaucoup d’animation et de fêtes culturelles venant de partout dans le monde. Si vous voulez trouver un logement là-bas, le loyer est pas très cher, c’est un arrondissement plutôt modeste et il y a beaucoup d’étudiants. »

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Carmella se mit à réfléchir un instant et pointa un autre quartier avant de regarder la jeune femme. Elle voulait plus d’information et l’employée regarda la carte.

Edodachi-ka

Edodachi-ka. Un arrondissement qui regroupe ceux qui étaient avant Adachi, Katsushika et Edogawa. Ce quartier est réputé pour être calme malgré la présence du centre de détention de la ville qui se trouve au sud de celui-ci. Au nord, on dit qu’il y a beaucoup de maisons hantées, mais elle ne croyait pas en ces choses idiotes. La population est surtout composée de gens travaillant pour la prison ou encore pour la seconde grosse institution de la ville, Mirai Technology, le centre de recherche. Ce bâtiment regroupe les plus grands scientifiques de la ville et couvre une superficie relativement conséquente dans l’ancien arrondissement d’Edogawa. Le loyer est ici aussi relativement modeste.

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L’occidentale paru un peu plus intriguée par ce quartier quand elle apprit la présence de Mirai Tech et se releva pour regarder l’homme. Elle lui parla dans une langue inconnue aux oreilles de la Japonaise et celui-ci haussa les épaules. Vraiment très étrange.

« Mon ami est un peu geek, vous connaitriez un endroit où nous pourrions aller ? »

Nakano-nami

« Bien sur, Nakano-nami est le bon endroit pour ça. Il regroupe deux anciens arrondissements, celui de Nakano qui est un des endroits favoris des geeks et otakus de la ville, et Suginami, qui est une zone résidentielle. On retrouve aussi le quartier français qui est collé au quartier chinois. Dans quelques jours aura d’ailleurs lieu la fête nationale française ici. C’est un événement qui amène beaucoup de monde, vous pourriez y faire un tour. Mais pour votre ami, c’est une zone qu’il pourra apprécier, il y a aussi des événements sur la culture populaire comme le cinéma ou encore les séries d’animations japonaises. Il y a des bars à thèmes ou encore des escapes games mais aussi d’autres endroits regroupant des gens autour de la culture geek. Si vous souhaitez un logement, les loyers sont ici aussi modestes. »

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« Pourquoi nous indiquer le prix des loyers ou encore quels arrondissements ils regroupaient avant ? »
« Parce que cela fait parti de mon travail et je risque une sanction si jamais je ne le fais pas. »

La blonde eu un petit sourire amusé et la porte s’ouvrit sur un jeune homme qui entra avec un carton rempli de prospectus sur Mirai Tech. La jeune femme s’excusa et alla voir le livreur pour signer le reçu et mit le carton sur le comptoir. Elle les rangerait après. Elle ne remarqua pas les regards que les deux étrangers posaient sur lui ou encore la personne qui venait d’apporter cela. Celui-ci s’en rendit compte et sortit sans demander son reste, trouvant cela vraiment étrange. Elle revint vers la carte et regarda le duo pour savoir s’ils voulaient d’autres indications. Carmella lui indiqua qu’elle aimerait des explications sur les autres endroits de la carte alors elle s’exécuta en commençant par Meguro-Gaya.

Meguro-Gaya

C’est la seconde zone étudiante de la ville avec ses bars et ses boîtes de nuit. Il regroupe Setagaya et Meguro, deux arrondissements surtout résidentiels. On retrouve le Parc olympique de Tokyo, mais aussi la plupart des ambassades. C’est un quartier très animé quand arrivent les événements sportifs, mais il n’est pas rare d’avoir des concerts au Parc olympique. C’est le quartier idéal pour les amateurs de sport et de musique et les loyers sont modestes.

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L’homme s’approcha enfin pour voir ce qu’il se passe autour de la carte et une autre employée arriva pour s’occuper des prospectus. Elle les retira du carton et l’homme lui en prit un qu’elle lui donna en s’inclinant et en s’excusant de ne pas les avoir mis avant. Il lui indiqua que ce n’était rien, non sans un détachement certain. Carmella posa son doigt sur un autre endroit.

Shinagawa-Ota

Il s’agissait de Shinagawa-ota. Le dernier quartier modeste de la ville. C’est une zone industrielle et aussi l’endroit où se trouve l’aéroport. Il y a bien sûr une partie résidentielle, mais le paysage regroupe plus de gratte-ciel ou d’usines d’entreprise ne pouvant se payer le luxe d’avoir des locaux plus proches du centre que de petites maisons familiales. La proportion d’entreprises étrangères est assez impressionnante et les gens qui habitent ici sont surtout ceux qui travaillent dans la zone. Le quartier anglophone hors américain se trouve aussi ici et il est beaucoup plus luxueux que les autres rues d’étrangers et la zone regroupe les arrondissements de Shinagawa et d’Ota.

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« On arrive aux quartiers riches maintenant ? »
« Oui, vous voulez des informations dessus ? »
« Bien sûr ! Dites-moi tout sur cette charmante ville. »

Chuo-ko

« Ce quartier se nomme Chuo-ko et c’est un des plus riches de la ville. Vous pourrez aller à Ginza, à l’île artificielle d’Odaiba et le quartier financier avec la bourse de Tokyo. Elle n’est pas visitable tous les jours, pensez à réserver si jamais vous avez envie d’aller voir. Vous pourrez aussi avoir les résultats de la bourse sur les panneaux lumineux qui ornent les rues, si vous voulez. Ginza est le point de rendez-vous pour les gens qui ont les moyens de dépenser de l’argent. Les loyers sont très chers et vous pourrez trouver des magasins tels que Chanel, Versace ou encore une grande boutique Apple. Pour la petite histoire, il y a un conflit entre cet arrondissement et celui de Shibuya-to car Odaiba appartenait avant à celui-ci. Mais elle a été relié à Chuo-ko il y a une vingtaine d’années. Elle a beaucoup aidé à l’enrichissement du quartier, car vous pourrez retrouver le siège de la chaîne de télévision la plus populaire du Japon, des zones touristiques et son centre de recherche maritime. Il y a un magnifique musée à voir. Les anciens arrondissements qui ont été fusionnés sont Chuo et Koto. »

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Carmella demanda des informations sur Shibuya-to qui avait été mentionné plus tôt.

Shibuya-to

C’est l’arrondissement de la jeunesse branchée et il est surtout connu pour son quartier dont il porte fièrement le nom : Shibuya. C’est le centre de la mode et c’est ici que les tendances naissent et meurent. Le quartier d’Harajuku se trouve à côté et la jeunesse plus gothic lolita, métaleuse, cosplay et tout ce qui est mode un peu plus décalée se retrouve ici. Le temple Meiji, un des plus grands temples shintoïstes de la ville est aussi localisé ici. Dans les autres quartiers intéressants, Ebisu peut être nommé. C’est un endroit particulièrement fréquenté pour ses bars, restaurants et salles de spectacles. Mais cet arrondissement est aussi relié à Minato, une zone où l’on retrouve Akasaka, un quartier d’affaire et de vie nocturne, ou encore Roppongi, un quartier culturel où l’on peut voir des films venant du monde entier grâce à ses cinémas. Les loyers sont élevés, c’est une zone riche et on y croise beaucoup d’étrangers.

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Ce qui est de toute façon le cas partout. Mais cela, la jeune Japonaise s’est retenue de le dire, elle tient à son travail.

« Il y a beaucoup de quartiers. Il en reste trois à voir, non ? » s’exclama Carmella.
« Oui, Shinjuku-ma, Bunwato-su et Chidoya. Lequel voulez-vous voir en premier ? »
« Parlez nous de Shinjuku-ma. »

L’homme venait de prendre la parole, le nez dans le prospectus de Mirai Tech. Cela fit sursauter l’employée qui s’exécuta rapidement.

Shinjuku-ma

Shinjuku-ma est un endroit très connu et on retrouve à Shinjuku le luxe et la vie nocturne. C’est un autre grand lieu où l’on retrouve toujours de l’animation et surtout le quartier Kabukicho qui est un endroit un peu chaud où l’on retrouve les yakuzas et autres criminels du genre. Tokyo est une ville relativement sure, nous pouvons remercier les yakuzas qui font attention à ce que la délinquance soit la plus basse possible pour éviter que la police vienne mettre leur nez dans leurs affaires. Pour en revenir sur Shinjuku, on peut voir beaucoup de gratte-ciel, des architectures futuristes et la maison mère de la sécurité américaine qui s’occupe de la protection de la population. De la surveillance, aurait envie de dire la jeune femme, mais elle se retint une fois de plus. C’est un des plus grands bâtiments de l’arrondissement et il est très difficile d’y rentrer. Les visites sont interdites et il faut des permissions spéciales. Mais c’est une zone très animée, surtout grâce au rattachement avec Toshima, un arrondissement comportant Ikebukuro qui est composé de beaucoup de commerces et d’endroit de divertissement.

La jeune femme commençait à être fatiguée à force de parler anglais, mais il restait encore deux endroits à présenter. Il fallait qu’elle tienne. C’était la première fois qu’on lui demandait de réciter ce qu’elle avait appris par coeur dans la formation. Elle ne devait rien oublier sinon, elle risquait un blâme.

« Et le coût des loyers ? » s’amusa Carmella.
« Ils sont très chers, excusez mon oubli. »

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La Japonaise venait de se mettre à stresser. Elle avait oublié cette information pourtant capitale. La blonde lui dit que ce n’était rien et lui demanda de continuer, avec un petit rire.

Bunwato-su

Bunwato-su. C’est une zone qui regroupe Arakawa, Bunkyo, Sumida et Taito. Il s’agit du coeur historique de la ville, l’endroit qui monte l’authenticité du pays. Le coeur de cette atmosphère se trouve dans le quartier d’Asakusa qui regroupe beaucoup de temples anciens. Si vous préférez les arts martiaux, c’est à Ryogoku qu’il faut aller. C’est aussi ici que l’on retrouve l’université de Tokyo ou encore le Tokyo Dôme, célèbre lieu de rassemblement de la ville. Ce sont des quartiers relativement riches et il est possible de se promener dans des parcs assez luxueux, mais il y a aussi des villas, ce qui augmente considérablement le prix des loyers. La culture et le divertissement sont aussi beaucoup représentés grâce aux musées, expositions, spectacles ou encore le très grand zoo qui dispose aussi d’un aquarium et d’un planétarium.

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« Il reste plus que Chidoya maintenant, c’est ça ? » demanda l’homme.

Chidoya

« C’est ça. Chidoya est le centre de Tokyo, mais aussi le seul arrondissement qui n’a pas changé de nom. Vous pourrez y voir le palais impérial et… »
« Vous avez un empereur au Japon ? Je pensais que vous étiez sous la tutelle des États-Unis. »
« C’est le cas.L’empereur a beaucoup moins de pouvoir d’avant, mais la famille royale est maintenue par le gouvernement américain pour nous prouver qu’ils ne sont pas des envahisseurs, mais qu’ils désirent juste nous aider en gardant tout ce qui avait été mis en place avant leur arrivée. La famille royale est donc assez passive, un peu comme celle en Angleterre, vous voyez ? »
« Vous pensez vraiment que ce ne sont pas des envahisseurs ? »
demanda le coréen.
« Je ne peux pas répondre à cette question, je suis désolée. »
« Je m’en doutais… Continuez.
» dit-il, visiblement déçu.
« Vous qui êtes geek, vous aimerez sans doute le quartier d’Akihabara, le royaume de l'électronique très prisé des amateurs de technologie. Il y a aussi l’un des quartiers d’affaires les plus prestigieux ainsi que beaucoup de grosses entreprises qui ont les moyens d’avoir des locaux ici. Le loyer est, par conséquent, très cher. La présentation est terminée, vous voulez d’autres informations ? »

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Les deux jeunes gens se regardèrent un instant et indiquèrent à la jeune femme que tout était bon. Ils quittèrent le lieu, après avoir salué les employés, et la jeune office lady s’autorisa un sourire discret. Une fois dehors, l’homme donna le prospectus de Mirai Technology à la jeune femme.

« C’est ici, je suppose, notre prochain arrêt. »
« Tout à fait, Monsieur Joon-Ho Gang. Je pense que cette ville va nous plaire.

Annexe sur la ville vue par les midget à écrire

« Vos bracelets, messieurs. »

Des contrôles de plus en plus constants, cela avait de quoi agacer. Surtout à quelques semaines de ce fameux attentat. N’avaient-ils pas mieux à faire plutôt que d’embêter la population d’honnête citoyen ? Un soupire et le bruit des vêtements qui se froissent quand les deux personnes levèrent le bras vers l’agent de police. Un rapide scan et tout semblait en ordre. Pourtant, l’agent tiqua en voyant le visage d’une des deux personnes. Daisuke Yamashiro. Celui-ci eut un petit sourire avant de lui faire un petit clin d’œil qui fit rougir d’agacement l’homme qui leur marmonna un vague « Vous pouvez circuler ».

Ils s’étaient déjà vus, le policier avait pris le messager en flagrant délit de propagande artistique et avait décidé de le laisser partir avant l’arrivée des autres agents. Daisuke ne l’avait jamais oublié et lui non plus. Masaru Takada, le flic dissident. Mais le temps n’était pas à la conversation et Daisuke amena son encombrant paquet dans un hôtel miteux de la capitale nippone, à l’autre bout de l’endroit où ils avaient rendez-vous. Une nouvelle recrue de plus de 40 ans qui était intéressée pour entrer dans le groupe.

Historique

« Ah Mr Ikeda, enchanté de faire votre connaissance. Nous avons fait quelques recherches sur vous, vous êtes historiens ? »
« Pourquoi me posez-vous la question si vous le savez déjà ? »

La femme qui avait accueilli les deux hommes lui sourit amicalement avant de lui dire de prendre place. Elle demanda ensuite à Daisuke de sortir de la pièce, ce qu’il fit après les avoir salués d’un signe de tête. Il n’avait pas l’habitude d’être par ici en pleine journée et quitta le bâtiment pour retourner travailler non loin de là. Pourquoi avoir donné rendez-vous aussi loin ? Pour éviter de se faire suivre par la police.

« Votre profil nous intéresse, Mr Ikeda. C’est pour cela que vous êtes ici. Avez-vous des questions avant notre entretien ? »
« Oui, quel est votre nom ? Je n’aime pas parler à des gens que je ne connais pas. »
« Tellement japonais. Je me nomme Carmella Peyton, enchantée de faire votre connaissance. »
« Je pensais que le groupe était exclusivement composé de japonais. »
« Il l’était au début, mais vous n’êtes pas les seuls à trouver cela injuste. J’ai été mariée à un japonais qui a donné sa vie pour ce groupe. J’ai repris son combat quand il a été tué comme un chien.

Vous savez, le groupe Eiyo [ndlr : Honneur en japonais] a été créé en 1965 par un homme du nom de Akira. Il fut rapidement rejoint par d’autres personnes dont Xan en qui il mit toute sa confiance. »

Son sourire s’était évanoui et l’historien ne sut pas quoi dire de plus. Elle sortit une petite gourde avant de boire une gorgée. Cela sentait le thé noir à la rose. Une odeur dont il n’avait pas l’habitude. La jeune femme lui proposa une boisson et elle appela un homme qui alla faire du thé pour l’invité.

« À cette époque, le groupe n’était qu’une espèce de bande de hippies qui voulait que les politiques les écoute. Mais ils commencèrent à se révolter avec beaucoup plus de conviction d’année en année et la police, qui les prenait pour des guignols, fit de plus en plus souvent des vagues d’arrestations sans pour autant réussir à attraper Akira. C’est en 1968 que le gouvernement en place prit la menace au sérieux, car ils avaient compris que c’était les prémices d’une révolution. »
« 1968 a été une année sombre pour le groupe, non ? J’ai cru lire que le groupe avait été mis en cause dans la mort d’une jeune fille, Aiko Fukita, il me semble. »
« Aiko a été tuée par la police lors d’un raid. Rien à voir avec ce qu'Eiyo aurait pu faire. Ça s’est déroulé le 15 juillet 1968 et ils ont essayé d’emprisonner les têtes pensantes. C’était une fausse alerte et cette jeune a été touchée pendant l’assaut. Ils ont eu beau faire passer cela pour un suicide, mais ni Akira ni les parents de la fille ne se sont remis de cette tragédie. »

Elle marqua un temps de pause pour laisser la personne servir du thé et reprit une gorgée de sa propre gourde.

« Très bon thé. Xan n’a pas été mis en cause dans la capture d’Akira ? »

« Si. Le 25 juillet 1968, il a été arrêté pour un trafic de drogue. Les agents ne savaient pas qu’ils détenaient un membre important du groupe et Xan a balancé les noms et adresses de tout le monde pour échapper à la prison. Au final il a été enfermé en isolement et le lendemain, Akira a été appréhendé par les forces de l’ordre. Il a fini directement en prison et il fallut attendre le 31 juillet pour qu’un média indépendant lâche enfin l’information retenue par le gouvernement. Quelques heures après la parution de l’article, des gens se sont amassés aux portes de la prison pour demander sa libération en faisant une manifestation pacifique. »

« Cela n’a pas fonctionné, je me trompe ? »

La jeune femme soupira avant de répondre négativement de la tête.

Elle sortit de ses dossiers un article de journal daté du 3 aout 1968 qui disait que le chef des rebelles avait été tué lord d’une bagarre entre détenus. Un homme du nom de Shuzo Deguchi alias Cerberus s’est ensuite joint au groupe en prétendant connaitre la vérité sur la mort d’Akira. Il était gardien de prison et il est devenu le nouveau chef le 18 septembre 1968. Il avait en tête de mettre en place un programme d’infiltration des grandes entreprises américaines pour les faire tomber de l’intérieur. La première à tomber fut DNA Laboratory, le 1er octobre de la même année. C’était un laboratoire d’analyse ADN très connu à l’époque et la police a décidé d’enquêter.

« J’ai entendu parler de lui. J’étais jeune à l’époque et mon père pensait que cet homme devrait finir sa vie en prison. »
« Comme beaucoup de gens au final. Ils sont très fort pour la manipulation. »
dit la jeune femme avec un nouveau sourire qui se voulait amical.

Un groupe de personne entra dans l’hôtel et allèrent directement vers la réception pour demander quelque chose à la personne présente. Celle-ci les regarda avant de leur donner une carte magnétique. Ils allèrent vers une pièce et actionnaire la porte. L’homme se demanda ce qu’il y avait derrière cette porte, mais la voix de la jeune Américaine le ramena à la réalité.

« Le 3 décembre 1968, rebelote, un membre du groupe se fit avoir par la police avec en sa possession des documents capitaux sur un plan de destruction d’une entreprise très influente sur l’économie japonaise. Pourquoi est-ce qu’il avait ça sur lui ? Personne ne l’a jamais su. Il a totalement disparu de la surface de la Terre. Mais les informations qu’il fournit à la police les amenèrent tout droit sur Cerberus qui fut exécuté pendant sa capture. Eiyo fut finalement démantelé non sans avoir fait tomber au moins 10 entreprises. »

« C’était un informateur de la police ? Mais le groupe n’a pas été totalement démantelé, non ? Je vous ai devant moi aujourd’hui. »
« Et pourtant. Laissez-moi poursuivre. »

Il ne se passa absolument rien pendant plusieurs années, jusqu’en 2000. Aucune précision de date, juste que cette année-là, un groupe de trois personnes décida de recréé le groupe alors qu’il n’était qu’un lointain souvenir pour les habitants et anciens membres. Mais cette fois, ils avaient une autre approche. Ils ont décidé d’utiliser la technologie informatique comme moyen de pression et firent un plan de formation au piratage pendant une dizaine d’années dans le but d’avoir une armée prête pour une possible guerre numérique.

« Ce sont les Leaders actuels ? »
« Non. Sur les trois, une est morte et les deux autres sont en prison. Nous avons un nouveau chef depuis quelques mois, vous connaitrez son identité en temps et en heure. »
« Vous les avez connus, je me trompe ? »
« En effet. J’ai connu Eri Imaoka, l’une de ces trois personnes. C’était la dirigeante du groupe et elle était une pirate extrêmement douée. Mais elle a été abattue en avril. Je connais moins les deux autres. »

L’homme n’osa rien dire, mais il pouvait lire de la colère sur le visage. Ce n’était certainement pas la seule à être morte pour le groupe, après Akira et Cerberus. La preuve, le défunt mari de l’Américaine avait lui aussi péri. Il songea que c’était dangereux, mais il ne pouvait pas faire demi-tour. Il le lui devait.

« Reprennons. » dit-elle.

Pendant ces 10 années de préparation, aucune information ne fut donnée à qui que ce soit et les premiers messages furent envoyés à travers la toile le 10 janvier 2010, prévenant de la renaissance du groupe. Le gouvernement fut, bien sûr, mis rapidement au courant, mais cette fois, l’organisation était plus organisée.

De 2010 à 2015, la population commença à se lever, ce qui ne plut pas du tout à la Maison Blanche qui lança une vague de répression. Ils firent de leur mieux pour faire passer Eiyo pour un groupe terroriste cependant, le but à l’époque n’était pas l’affrontement direct avec la police, juste que leur message soit entendu. On était presque retourner à l’époque des hippies, mais en un peu plus technologique. C’est à ce moment-là que le groupe s’organisa en sorte de caste ou encore de classe pour les plus rôlistes d’entre eux. La caste des Hackers commença à inonder le web de divers virus qui allait les aider à attaquer les infrastructures américaines.

2015 marqua l’offensive réelle de la police, car ils capturèrent le chef en janvier. Ils pensèrent pouvoir supprimer le groupe comme avant, mais un nouveau chef fut nommé rapidement et les attaques informatiques reprirent de plus belle, les deux camps améliorant considérablement leur technique et technologie. Si aujourd’hui la technologie est à ce niveau-là, on peut remercier Eiyo pour avoir stimulé autant les entreprises.

Du côté des entreprises, justement, c’est le 9 mars 2018 que Mirai Technology décida de se mêler du conflit après le piratage d’un de leur serveur.

L’évènement le plus récent était l’explosion d’une maison vide, le 14 juillet 2019.

« Quel était le but de cette attaque ? »
« Nous voulions dire au gouvernement que nous étions prêts à passer à la vitesse supérieure en prenant les armes. »
« La maison vide, c’était pour ne pas faire de victime civile ? »
« Oui, c’était le but. »
dit une voix derrière eux.

Le professeur sursauta et se retourna vers une femme qui devait avoir son âge.

« Je prends la relève. Merci encore, Carmella, j’ai réussi à me libérer finalement. »
« Aucun problème. Mr Ikeda est un bon élément. Je vous laisse, bonne journée. »

La blonde se leva pour laisser sa place à la japonaise qui lui sourit en la regardant partir.

« C’est avec moi que vous avez parlé, je suis recruteuse. Votre discussion avec Mlle Peyton s’est bien passée ? Nous pouvons passer à la suite ? »
« C’est une jeune femme très intéressante. J’ai un bon aperçu de l’historique de votre groupe. »

Hiéarchie

« Nous n’avons pas beaucoup de temps. Comprenez que si nous restons trop longtemps au même endroit, nous risquons de nous faire repérer par la police. C’est pourquoi je vais vous expliquer rapidement la hiérarchie. »
« Je vous écoute. »
dit l’homme, beaucoup plus concentré.

Chef

Tout en haut de la pyramide se trouve le chef du groupe qui est remplacé assez souvent pour éviter qu’il ne se fasse capturer trop facilement. C’est lui qui choisit son bras droit, mais le chef est choisi à la majorité par les autres membres. Si le chef est capturé, c’est son bras droit qui prend sa place et qui désigne son propre bras droit. Si le chef ne remplit pas sa mission, les autres membres peuvent décider de le destituer en passant par un vote. Le choix d’un nouveau chef se fait tous les trois ans et un chef ne peut pas être chef deux fois d’affilée, pour éviter qu’il ne soit une cible trop facile. Cependant, il peut être chef plusieurs fois, si bien sûr il y a eu assez de temps entre ses deux nominations.

« Je vois, vous fonctionnez comme une démocratie au final. C’est plutôt intéressant. Je... »
« Hé ! Le réseau ! On l’a retrouvé ! On lance le scanner ? »
dit une jeune femme en entrant dans la pièce, tenant un petit écran dans la main.

Elle venait de la porte verrouillée et l’homme compris qu’il s’agissait d’une salle de réunion. Elle montra l’écran à son ainée qui fronça les sourcils et lui dit de lancer le scanner. Ce réseau les narguait depuis des mois et ils voulaient savoir ce que c’était. La plus jeune s’en alla finalement et la Japonaise s’excusa auprès de l’homme avant reprendre ses explications.

Bras droit

Il est choisi par le chef et c’est lui qui prendra sa place si jamais il y a un souci. En cas de capture du chef et du bras droit, une nouvelle élection a lieu rapidement pour que le groupe puisse continuer comme avant. En gros, le rôle du bras droit est de délester le chef de certaines tâches et il est habilité à prendre des décisions à sa place si jamais celui-ci n’est pas présent ou s’il n’est pas joignable rapidement.

L’historien entendit vaguement les éclats de voix de l’autre côté du mur, la situation avait l’air intense et on imaginait la jeune femme en communication avec d’autres personnes. Il était simplement impossible de faire une attaque informatique d’ici, le bâtiment était de toute façon trop ancien.

« ON VA BIEN FINIR PAR LES CHOPER ! JE SUIS SÛR QUE CE SONT LES GENS DE MIRAI ! » hurla un jeune homme dans l’autre pièce.

La femme en face de la future nouvelle recrue soupira d’agacement avant de se lever pour aller leur dire de faire moins de bruit. Son ton était ferme et cela rappela à l’homme sa femme avant qu’elle ne devienne cette loque. Les femmes avaient définitivement quelque chose de dangereux.

Hackers

Sans doute les membres les plus actifs du groupe. Leur rôle est de former les recruteurs au piratage, mais aussi de protéger les infrastructures de groupe. Ils sont recrutés en fonction de leur capacité et les plus brillants sont recherchés. Il ne s’agit pas là de savoir pirater un ou deux téléphones, il s’agit de la sécurité des membres du groupe. Ce sont eux qui préparent les attaques informatiques et se retrouve souvent dans un endroit secret connu que d’eux seuls pour travailler ensemble.

Le calme revint finalement de l’autre côté alors qu’il écoutait les explications et la jeune femme entra de nouveau en soupirant. Ils avaient perdu le réseau alors qu’ils étaient certains de pouvoir trouver comment y entrer. Elle semblait très déçue et s’excusa du raffut qu’ils avaient fait. Il fallait recommencer les recherches à zéro, le réseau étant protégé par un programme qui efface directement les informations de l’ordinateur si on tente d’y entrer sans y être invité. De quoi rendre encore plus dingue la bande de hacker.

« C’est toujours comme cela par ici ? J’aime travailler dans le calme, cela ne me semble pas franchement évident par ici. » dit-il.
« Nous ne nous retrouvons que rarement à plusieurs comme cela. Du moins je doute que vous voyiez beaucoup de monde avec votre futur rang si vous nous rejoignez. »

Messagers

Les graffeurs et ceux qui sont en charge de la propagande du groupe. Ce sont ceux qui sont souvent sur le terrain de nuit et que la police cherche le plus. Ils mettent des affiches, font des graffitis et se chargent de toute la communication avec le monde extérieur. S’il y a un message à faire passer à la population, ils travaillent avec les hackers pour qu’il soit le plus percutant possible. Ce sont souvent des dessinateurs, peintres ou encore intermittents du spectacle. Ce sont aussi eux qui vont chercher les gens qui veulent rejoindre le groupe pour les amener à une sorte de QG temporaire le temps de voir si la personne est fiable.

« L’homme qui m’a amené est donc un messager... »
« C’est exact. Daisuke est un de nos meilleurs messagers. C’est finalement assez rare que nous fassions des entretiens, mais pour quelqu’un dans votre genre, il fallait notre meilleur élément. »

Il en était presque flatté et il ajusta sa cravate en se raclant la gorge. Cette femme était taquine et un petit rire s’éleva. Elle se moquait un peu de lui. Son ego fut un peu piqué au vif, mais il décida d’en rire lui aussi.

Recruteurs

Ce sont eux qui se chargent de trouver et de recruter les profils les plus intéressants. Ils prennent contact avec les gens qui veulent devenir membres du groupe et leur font passer des tests pour savoir s’ils sont fiables ou non. Ils sont formés par les hackers pour pouvoir trouver rapidement les informations sur la personne qui a tenté d’entrer en contact avec le groupe.

La Japonaise s’était présentée comme une recruteuse et il se demanda si c’était uniquement son seul et unique rang au vu de comment les gens se comportaient avec elle. Ou alors était-ce juste du respect pour les plus âgés. C’était tout à fait intriguant et il osa une question :

« Mlle Peyton est aussi une recruteuse, je suppose ? »
« Non, c’est une infiltrée. »
« Infiltrée ? »
« Je vous expliquerais ça tout à l’heure. Pour le moment, continuons. »

Artificiers

Ce sont les spécialistes des armes en tout genre. Ils s’occupent avant tout de la sécurité du groupe. Ils auraient eu envie d’être pacifistes, mais ça ne se passe pas comme ça dans la réalité. Ce sont eux qui ont mis en scène l’explosion du 14 juillet. Leur but n’est cependant pas de blesser les gens.

C’était donc à eux que l’on devait le feu d’artifice improvisé dans une maison... Il n’était pas certain d’approuver ce genre de méthode, mais le fait est qu’aucune victime n’avait été recensée, au grand dam des forces de l’ordre qui attendaient que ça pour se lancer à la poursuite des membres du groupe. Mais peut-être étaient-ils armés... Cette pensée fit frissonné l’invité qui préféra ignorer cette pensée.

Infiltrés

Ce sont les membres dont le rôle principal est de s’infiltrer dans divers milieux dans le but de trouver des informations. Ils sont beaucoup plus à risque que les autres, car ils sont directement sur le terrain. La plupart des infiltrés ne savent rien d’où se trouve le QG ou encore les informations sur les autres membres ou le chef, pour éviter les possibles trahisons en cas d’arrestation par la police.

« Je vois. Mais pourquoi lui avez-vous demandé dans ce cas de me recevoir ? J’ai du mal à comprendre son rôle. »
« Carmella Peyton a un statut particulier ici. Elle est avec nous depuis des années, mais est réellement active que depuis quelques mois. Elle vous a parlé de Eri Imaoka, je suppose. Et bien il s’agissait de sa compagne. »
« Elle m'a pourtant dit qu'elle avait un mari. »
« Elle n'aime pas dire aux inconnus qu'elle était mariée à une femme. Cela entraine souvent des comportements déplaisants. »

L’homme compris le sens de la colère de la blonde et il baissa un peu la tête.

« Je suis désolé. »
« Ne le soyez pas, elles se sont engagées dans le groupe en toute connaissance de cause. »

Il était tout de même un peu gêné. Autant son avis sur l’homosexualité était trouble autant le décès d’une personne balayait ses a priori.

Citoyens

La plupart des membres du groupe se retrouvent comme citoyens. Ils sont souvent formés par les autres sous-groupes dans le but de devenir un des leurs. Les nouveaux membres sont aussi souvent des citoyens jusqu’à ce qu’ils fassent leurs preuves. Ils sont supervisés par les officiels pendant cette période pour finalement soit rester un citoyen, mais plus libre cette fois-ci soit devenir un membre un peu plus à risque.

C’est donc ici qu’allait se retrouver l’homme. Il comptait éventuellement rester un citoyen du groupe, n’ayant plus vraiment l’âge pour le reste. Il n’était au final qu’un petit historien sans grande prétention, mais ses capacités de recherches pouvaient s’avérer utiles.

Soutiens

Les gens qui ne veulent pas se mouiller en entrant dans le groupe. Ils ont affiché leur soutien d’une manière ou d’un autre et ils ne savent rien de ce qu’il se passe dans le groupe, mais envoie de temps à autre des informations bien souvent anonymes. Il n’y a pas de trace d’eux dans l’infrastructure de Eiyo, mais ils sont quand même très très importants.

« Vous avez beaucoup de soutiens ? »
« Plus que vous ne le pensez. La population subit sans rien dire, mais sur internet la colère gronde. Nous avons fait un espace où chacun peut s’exprimer librement. »

Il comprenait tellement la situation. C’est aussi pour cela qu’il était ici. Parce qu’il en avait marre de cette situation.

Autres informations

La femme regarda la montre avant de mentionner que la hiérarchie était terminée.

« J’aimerais en savoir plus sur vos motivations, les risques et ce genre d’information. Cela m’intéresse. »
« Vous voulez devenir recruteur ? Je vais tenter de faire court, je sais que vous êtes un homme pressé. »

Il n’y avait pas pensé, mais c’était peut être une bonne idée. Il se promit d’y réfléchir et il la remercia d’avance. L’heure tournait et il allait presque être en retard à son rendez-vous.

Motivations

La motivation première est de libérer le Japon, car les membres pensent que ce n’est pas au peuple de payer pour quelque chose qui a été décidé par le gouvernement japonais à l’époque. Ils veulent faire pression sur le gouvernement actuel et comme ce n’est pas possible de le faire politiquement, car tout ce qui est contraire à la pensée commune est étouffé, ils ont décidé de le faire de manière illégale via de la propagande proliberté, des graffitis, des altercations avec la police, etc.

La source de leur existence reste la colère de se faire envahir par les Américains. Ils n’ont plus confiance en la politique et utilisent la peur pour marquer les esprits. Le but est de rassembler le plus de monde pour déclencher une guerre civile qui, ils l’espèrent, découlera sur une décision de l’ONU pour la libération du Japon. Ils veulent que le monde entier voie qu’ils ne veulent plus de cette gouvernance.

« Vous voulez faire une guerre civile ? Vraiment ? Je pensais que vous étiez pacifistes. »
« Malheureusement, la manière douce ne fonctionne pas. Au bout d’un moment, il faut utiliser la manière forte. »

Elle serra le poing pour faire mine d’écraser quelque chose, signe qu’elle ne plaisantait pas. L’historien regretta presque sa question en la voyant faire et elle reprit ses explications.

Méthode de recrutement

Il est impossible de rentrer dans le groupe sans y avoir été invité. C’est une protection supplémentaire. Si une personne désire se joindre au groupe, il lui suffit d’envoyer un message coder à une sorte d’IA qui sert à la base de service après-vente pour un site de vente de matériel informatique. Cette phrase se trouve dans chaque intervention des Eiyo, dans le but de recruter des gens. Une fois cette phrase dite, l’IA donne un message crypté qu’il faudra donner à la personne qui viendra à la rencontre du possible futur membre. Des recherches approfondies seront faites pour éviter toutes mauvaises surprises et si l’entretien anonyme se passe bien, la personne sera conviée à une des réunions. Ce processus est tellement surveillé que, pour le moment, aucun membre du gouvernement n’a réussi à passer la seconde étape, car si la phrase n’est plus d’actualité, celle-ci changeant assez souvent, des recherches seront automatiquement effectuées sur la personne et l’IA ne comprendra pas le message.

Il est aussi possible de recevoir un message d’un recruteur, car les activités de la personne intéressée le groupe. Si celle-ci refuse, l’adresse qui a servi de contact s’efface automatiquement et plus aucune trace du recruteur ne sera visible. La prudence est de mise pour éviter le démantèlement de la rébellion.

« C’est une méthode intéressante. Si je comprends bien, vous savez tout sur moi ? Même... »
« Oui, nous sommes au courant de cela. Mais ne vous en faites pas, nous ne dirons rien à votre femme. Elle n’a pas à savoir ce que vous faites de vos temps libres. »

L’homme ne savait pas trop comment interpréter cette information. C’était mauvais pour lui et il se rendit compte dans quelle merde il venait de se mettre. Daisuke revint à ce moment-là et alla dire quelque chose à l’oreille de la femme. Celle-ci le regarda un moment, l’air contrarié et lui fit signe de partir. Son visage était maintenant fermé, en colère. Il s’était peut être passer quelque chose.

Quartier général

Le quartier général change de place en fonction du chef, mais le plus gros de leur réunion et conversation se trouve sur un espace privé que le gouvernement recherche activement. Ils ont créé leur propre logiciel de discussion qui est très difficile d’accès et ressemble à un simple forum de discussion autour des animes récents. Pour pénétrer dans la partie avec les réunions, il faut avoir le mot de passe et avoir téléchargé le bon logiciel qui est fourni quand un membre accepte l’invitation envoyée par un recruteur. Le plus simple pour éviter de se faire trouver est de faire un QG virtuel caché, car il serait difficile pour la police de traquer les lieux de vie d’autant de membres.

C’est pour cela que la police n’avait pas réussi à mettre la main sur eux... Il comprit rapidement qu’il devait être dans un endroit qui n’avait rien à voir avec leur QG et qu’il risquait de ne jamais savoir où les dirigeants se retrouvent. Ce qui n’est peut-être pas plus mal finalement.

Obstacles et risques

Le plus gros obstacle reste le gouvernement et les services de surveillance de la ville. Mirai Tech reste aussi un adversaire, mais si le groupe rebelle ne vient pas mettre son nez dans les affaires du laboratoire, celui-ci préfère fermer les yeux.

Quant aux risques encourus, cela va de la peine de prison à la mort si le membre est haut dans la hiérarchie. Ce sont des risques que tous connaissent, mais l’honneur et la liberté de leur pays sont plus importants que tout. En entrant dans le groupe, ils acceptent de mettre leur vie en danger pour leurs idées et convictions.

Il s’agissait là du point qui l’intéressait le plus. Savoir ce qu’il risquait. Il ne comptait de toute façon pas en parler à sa femme. Elle avait déjà bien trop à faire, elle devait s’occuper des papiers pour les obsèques de leur unique enfant, tué lors d’une manifestation. C’est pour cela qu’il avait voulu rejoindre le groupe. Pour le venger. Sa vie avait été brisée quand il perdit son héritier et quand sa femme s’enferma dans son chagrin. Il ne prêtait presque plus attention à ce que lui disait la recruteuse, mais fut bien obligé de revenir sur Terre quand elle aborda un autre point important pour lui : Le rapport avec la population.

Rapport avec la population

Les rapports avec la population sont assez tendus, il ne faut pas le cacher. Pour beaucoup ce sont des terroristes, mais certains pensent que c’est un mal pour un bien. La particularité c’est que même si les gens n’adhèrent pas à leur mise en place de la terreur, beaucoup de Japonais préféreront dire qu’ils n’ont rien vu plutôt que de dénoncer les membres de ce groupe, sachant qu’ils se battent pour eux. Les étrangers commencent à avoir peur d’eux et les évitent le plus possible. Il existe pourtant un poignet de gens qui sont pour la sécurité de tous et ont décidé de partir en guerre contre eux pour arrêter la possible guerre civile qui guette la ville.

« Je vois... Comme tout le monde, vous avez vos détracteurs. Je pense qu’il serait bon de tenter de redorer le blason du groupe auprès de... »
« C’est spécialement le boulot des Messagers, comme je vous l’ai expliqué. »

En effet, il comprit mieux le rôle de ce groupe. Celui qui l’avait ramené ici revint de nouveau pour interrompre le duo et alluma l’écran qui servait de télévision.

Membres connus

Une journaliste apparue et le titre ne laissait aucun doute sur le sujet de la nouvelle : Un enseignant arrêté pour complicité avec le groupe terroriste Eiyo.

« Nous avons appris un peu plus tôt dans la journée l’arrestation de Hideo Yoshizawa à la suite d’un appel anonyme. Ce japonais de 45 ans, professeur d’histoire dans une école américaine, a jusqu’alors nié avoir des liens avec ce groupuscule qui, rappelons-le, a fait parler de lui suite à l’attentat du 14 juillet. D’après nos sources policières, il s’agissait d’un agent infiltré qui avait pour rôle de faire de la propagande auprès de la jeunesse. Un reportage de... »

La jeune femme tapa du poing sur la table et elle se leva pour téléphoner. L’historien ne savait pas trop quoi faire et les portraits des anciens dirigeants passèrent à la télé. Daisuke s’approcha pour expliquer qui était tous ces visages.

Akira

Créateur du groupe, il avait 35 ans quand on le tua dans la prison où il séjournait. On ne connaît pas son vrai nom, juste qu’il a décidé de se rebeller après avoir vu son père se faire mettre à la porte et se suicider, car un Américain voulait sa place. Il détestait le gouvernement et a tout fait pour que le groupe reste dans l’histoire.

La photo présentée était celle prise à son arrestation. Son visage était fermé et avait quelques contusions, signe que cela avait dû être musclé. L’homme continua d’écouter à la fois le reportage et le jeune homme tout en regardant les images. Une retranscription d’un des discours d’Akira était à l’écran alors que la voix off expliquait qu’Akira pouvait être comparé à un Hitler plus moderne. Il trouva que cette comparaison était loin d’être la bienvenue, mais ne dit rien.

Xan

Bras droit d’Akira, Xan était âgé de 25 ans quand il se joignit au groupe. On ne connaît pas vraiment ses motivations et il était un cultivateur de drogue assez connu. Il a fini sa vie en prison où il est mort d’une maladie, non sans que son nom soit connu pour être le traître qui a mené à la mort du leader. Sa véritable identité n’a jamais été connue.

Le visage de Xan était presque juvénile malgré son âge et il s’agissait là aussi d’une photo prise lors de son arrestation. Aucune marque n’apparaissait sur son visage et les images le montrant étaient moins dures que celle du leader. Son aide dans sa capture a été plutôt appréciée, ce qui n’est pas le cas dans cette pièce au vu de la tête que faisait Daisuke de le voir à l’écran.

Cerberus

Ancien gardien de prison qui a assisté à la mort d’Akira. Il a décidé de rejoindre le groupe après avoir parlé à Akira, peu de temps avant sa mort. Il est celui qui a su le mieux prendre le relais et a été tué dans une embuscade faite par la police. Il reste un membre d’honneur malgré sa mort, au même titre que Akira.

Pour ce qui est de Cerberus, la photo était une photo où on le voyait en uniforme de gardien de prison. L’historien trouva cela assez étrange, surtout en sachant qu’il avait été un des leaders les plus charismatiques et qui avait fait le plus de mal à l’économie américaine.

« Il est en quelque sorte le symbole de la rébellion, c’est pour cela qu’il est souvent montré ainsi. Pour que les gens se méfient de tout le monde. » dit Daisuke, en devinant les questions de l’ainé.

Carmella avait raison, ils sont forts en manipulation.

Eri Imaoka

Ancienne leader décédée en avril 2019 des suites d’une balle dans l’abdomen lors d’une fusillade où elle fut la victime d’un tireur d’élite de l’armée américaine. Elle est connue pour être de ceux qui ont refait le groupe en avril 2000 et qui a mis en place le programme de formation. On sait très peu de chose sur sa vie si ce n’est qu’elle travaillait avant pour le gouvernement. Elle aussi est un membre d’honneur pour son implication dans la renaissance du groupe.

La jeune femme était belle, dans la trentaine, et la photo utilisée était une photo d’elle à la sortie de l’université. Les médias la voyaient comme une pauvre femme qui s’était faite enrôlée et à qui on avait fait un lavage de cerveau pour qu’elle devienne la leader du groupe. Cette version était étrange et ne collait pas avec la vision qu’avait les membres du groupe sur elle, d’après les dires de Daisuke. Encore de la manipulation et il repensa à la tête de Carmella quand elle parlait d’elle. Il y avait de quoi être en colère et il aurait sans doute réagi de la même manière si cela avait été sa femme à la place de Eri Imaoka. Il remarqua cependant qu’ils ne mentionnaient pas des deux personnes avec qui elle avait fondé le groupe et qui étaient aujourd’hui en prison. Étrange.

Hideo Yoshizawa

Infiltré du groupe, son rôle était d’être embauché une école privée américaine dans le but de récolter des informations sur les familles importantes qui se trouvent dans le quartier riche de la ville. Il a été emprisonné après un appel anonyme de la police, suite à l’attentat de juillet 2019.

La femme revint finalement après son appel et Daisuke éteignit l’écran avant de se lever. Il était l’heure.

« L’entretien est terminé, Daisuke va vous ramener. Je vous recontacte prochainement, mais je pense que vous pouvez déjà vous considérer comme membre du groupe. Soyez prudent à partir de maintenant. »
« Ne vous en faites pas pour cela. »

L’homme avait un air déterminé sur le visage. Il était convaincu qu’il fallait qu’il se batte pour son pays, tout comme sa famille l’a toujours fait. Avant les armes, aujourd'hui la technologie.

Annexe sur Mirai Technology à écrire

Un rire s’éleva dans la pièce relativement calme malgré le changement d’équipe. La salle était étrangement déserte, mais les deux seuls employés présents n’y prêtaient aucune attention, ils avaient sous les yeux une petite perle, le pourquoi ils avaient fait ce métier. Être embauché au Japon dans cette agence de surveillance américaine était une aubaine et ils devaient analyser le contenu du disque dur d’une possible rebelle. Et quel contenu ! De l’or en barre. Au final, elle n’était qu’une jeune adulte plutôt banale, rien à voir avec les rebelles. Ce qui avait attiré leur attention était ses activités sur internet. Elle faisait ce que les internautes appelaient du rpg sur forum. Et les deux employés ne savaient absolument pas ce que c’était. Ils avaient pourtant éclaté de rire en se rendant compte qu’il s’agissait de fiction et ils avaient lu avec avidité les textes dans le dossier « The Blind Society ». Une société qui ressemble vaguement à celle dans laquelle ils vivaient, en plus sombre, évidemment.

En premier lieu

« Je crois que je viens de tomber sur un truc amusant... Écoute :

Votre pseudo devra comporter un prénom et un nom, dans cet ordre-là et pas un autre. Merci de ne pas prendre de pseudonymes de célébrités, personnages de séries, ou autres (ex : ptitelouloute85600 and co.). Vous êtes libres de mettre une ou deux initiales, mais pas plus. Pour faciliter les choses et pour coller avec le contexte, il faudra obligatoirement écrire les noms à l’occidentale en commençant par le prénom puis mettre le nom. »

« J’ai rien compris... Qui prendrait comme pseudo ptitelouloute85600... C’est un nom de code ? »
« Mais non abruti ! Laisse-moi continuer...

Votre avatar devra porter les dimensions de 200x320 pixels obligatoirement. Votre personnage est représenté par une célébrité, ce rpg étant à avatar réel. Cependant, Tokyo est une ville multiculturelle et vous avez tout à fait le droit de jouer un Occidental si vous n’avez pas envie de jouer un Asiatique. »

Ils se regardèrent un instant avant de replonger dans la lecture. Ils prenaient presque goût à tout ça et le premier demanda s’il était, à son avis, possible qu’ils jouent avec leur propre tronche.

« J’suis sûr que oui, tu as bien la tronche de Léonardo DiCaprio... Pfff. »
« J’aimerais bien essayer n’empêche...

Concernant les signatures, vous êtes libre (gifs ou image fixe) à partir du moment où le format de votre image ne déforme pas le forum. Cependant, n’en abusez pas, pensez aux petites connexions internet. »

Lire tout cela leur avait donné envie d’essayer mais ils ne se voyaient pas demander à la jeune fille s’ils pouvaient jouer après lui avoir rendu son ordinateur... Surtout que ça allait sans doute être une autre personne qui allait le lui redonner.

« Une fois inscrit, vous disposez d’un délai deux semaines pour faire votre fiche. Bien sûr vous pouvez demander plus si besoin. Vous ne pouvez pas poster dans les jeux ni dans le flood tant que vous n’êtes pas validé. »

« C’est court deux semaines, non ? »
« J’en sais rien... Faudra aller voir ce qu’ils demandent pour le personnage. Ça me rappelle les parties de Donjons et Dragons que je faisais avec mon frère. »

« En cas de différent avec un autre membre, merci de vous adresser aux administrateurs en message privé. Ne réglez pas vos problèmes sur la place publique (la Chatbox par exemple). Le staff est là pour régler ce genre de choses, faites-lui confiance. »

« Putain, tu crois qu’elle bosse pour un centre de surveillance ? Parce que c’est ce que raconte l’autre con de président aux habitants de Tokyo... De leur faire confiance. S’ils savaient... »
« Ferme là, tu vas finir sur le carreau ! Continue de lire. »

Il fit la moue et reprit sa lecture sans dire autre chose que ce qu’il y avait marqué.

Les propos racistes, homophobes, pornographiques et j’en passe sont bien évidemment interdits. Les seules insultes tolérées sont en rpg et encore, efforcez-vous de rester dans la limite du raisonnable.

Ah, c’est pas mal ça. Interdire les insultes et les trucs du genre. Au moins, elle avait une certaine éthique. Le contraire de Mirai... Ils n’avaient pas forcément une bonne impression de ce labo beaucoup trop secret pour être nets. Ils étaient persuadés qu’ils faisaient des choses louches, mais le boss avait dit que c’était secret défense... Alors secret défense.

« Les multicomptes sont autorisés, à condition que vos personnages soient tous actifs. Il n’y a pas de règles particulières vis-à-vis de cela (à part celle de demander avant en remplissant le formulaire), on vous demande vraiment d’être actif avec tous vos personnages. »

« Les multi quoi ? Genre ils peuvent faire plusieurs comptes ? Pour faire plusieurs personnages ? C’est pas un des symptômes de la schizophrénie ça ? »
« Ne deviens jamais psy, sérieusement. T’es trop con pour ça. Tiens, lis la prochaine, c’est long et au moins, tu fermeras ta gueule. »
« Connard...

En cas d’absence, il est important de nous prévenir pour que nous puissions le noter et ainsi éviter de vous proposer des missions ou ce genre de chose pendant que vous n’êtes pas là. Cela évite aussi de vous faire supprimer, car, au bout d’un mois sans avoir prévenu, vous recevrez un premier MP qui vous laissera une semaine pour répondre (Dépendemment des périodes, si nous savons que vous êtes étudiants et que c’est la période des examens, nous serons indulgents). Si vous ne répondez pas, votre personnage sera supprimé. Sachez toutefois qu’il sera possible de se réinscrire et de poster la même fiche si vous reprenez le même personnage. Nous vous validerons automatiquement pour que vous puisiez continuer comme si vous n’étiez pas parti. Cependant, n’abusez pas, au bout d’un certain nombre de fois, nous vous demanderons si vous êtes réellement certains de vouloir continuer avec nous. »
Pendant le jeu

Un bip se fit entendre sur un autre poste et l’un d’eux se leva pour aller voir. Il pianota quelques minutes avant de décrocher le téléphone. Une affaire urgente et il fit signe à son collègue de poursuivre de son côté, il lui ferait un résumé juste après. Celui-ci n’attendit pas son reste et alla à la prochaine section pour voir de quoi cela parlait. Ah tiens, ils peuvent tuer des personnages ?

Il est interdit de tuer le personnage d’un autre joueur, sauf si vous en avez discuté au préalable et qu’il le signale avant à l’un des administrateurs. N’oubliez pas qu’il n’y a pas de résurrection possible. Quand on meurt en RP, c’est définitif !

En effet, la mort c’est un poil irrémédiable. Ils n’avaient pas inventé la poudre ceux-là... Il roula les yeux avant de reprendre sa lecture.

« Votre personnage n’étant pas un dieu, nous vous rappelons qu’il est normal qu’il perde des combats, qu’il soit blessé, et que l’un de ses coups ne tue pas ses adversaires. Restez logiques : personne n’est invincible... Je rappelle par la même occasion qu’il est interdit de faire jouer quelqu’un d’autre que votre personnage. Et comme vous n’êtes pas un dieu, les règles face aux autres personnages s’appliquent avec ceux-là. »

« Ferme ta gueule, je bosse. »

Il grogna en entendant l’autre débile qui était encore au téléphone, attendant sans doute d’avoir son correspondant. Il allait devoir continuer sans parler et il lut dans sa tête :

Il n’y a pas de nombre de lignes demandées ici. Il arrive à tout le monde de faire des fautes, mais tâchez tout de même de les limiter : un message avec un minimum donne envie d’y répondre. Word et Scribens sont vos amis. Il est évident qu’on ne vous courra pas après si jamais vous faites des fautes.

Mouais... Il n’avait sans doute pas le niveau et alla voir à quoi ressemblait le site proposé. Un correcteur en ligne. Plutôt sympa d’en avoir mis un.

Il passa à la ligne suivante du règlement, car oui, cela ressemblait à un règlement...

¨
Lorsque vous désirez qu’un PNJ intervienne dans votre RP, vous avez plusieurs choix. S’il s’agit d’un PNJ lambda et dans ce cas là, vous pouvez directement le jouer vous-même. Si jamais c’est un PNJ qui se trouve dans la liste ici et que vous avez besoin de son intervention pour pouvoir continuer, envoyez un MP aux administrateurs (envoyez-le à tous, au cas où) pour demander cette intervention. Elle sera faite au plus vite.

« PNJ ? Qu’est ce que... »
« Personnage non joueur. »

Il se tourna vers l’autre qui lui tournait le dos et lui lança une boule de papier, juste pour le faire chier, mais celui-ci ne bougea pas d’un poil. La déception avait un nom... Le dernier point de cette partie du règlement se trouvait sous ses yeux.

The Blind Society se veut un forum sans restriction d’âge, mais permet les scènes un peu plus « hot » dans une certaine mesure. Cependant, tout le monde n’a peut-être pas envie de lire cela alors nous vous demandons de mettre un indicatif dans le titre du sujet pour en avertir le lecteur. Il vous sera aussi demandé de mettre le passage sous la balise Hide. Veillez à adopter un langage approprié, nous ne sommes pas sur un forum pornographique.
Sanctions

« J’ai raté quoi ? » demanda l’homme qui était au téléphone en s’asseyant de nouveau à côté de son collègue.
« Tu ne pourras pas tremper ton biscuit, c’est interdit par le règlement. »

La déception venait d’avoir un autre nom, vu la tronche qu’il tirait. Il lui mit une claque derrière la tête avant de regarder de nouveau l’écran.

« Aaaah, les sanctions. C’est un truc que tu adores ça, non ? »
« Ta gueule.

Dès que vous ferez une “ bêtise ” assez grosse (comme ce que nous vous invitons à ne pas faire dans les précédentes parties), vous recevrez un avertissement. »

« Ah bah tu peux pas t’inscrire, dommage. Tu fais trop de conneries ! »
« Mais va bien te faire voir ailleurs toi ! Lis le suivant au lieu de dire des imbécilités ! »
« Fais gaffe, tu ressembles à ma grand-mère...

Puis, si vous récidivez une bêtise, un second avertissement et un léger bannissement de quelques jours le temps de réfléchir un peu à ce qui va pas. »

« Putain, c’est un peu hard, y a combien de chance avant de se faire virer ? »
« Trois, je crois.

Au bout de la troisième récidive, le bannissement total et définitif se verra alors mettre en place sans préavis. Un e-mail vous informant de vos torts vous sera alors envoyé pour ne pas que vous disiez que vous n’étiez pas au courant. De plus vous pouvez toujours venir jeter un œil au règlement en cas de doute. J’espère toutefois que nous n’aurons pas besoin d’en arriver jusqu’ici.

Après, je pense que c’est surtout pour les grosses conneries. Ne demande pas de photos de petites culottes et ça ira, sans aucun doute. »

L’homme vira au rouge quand il entendit cela et tenta de le frapper, mais l’autre était plus habile et il manqua de se ramasser lamentablement. Il grommela avant de regarder la suite.

Pour en finir

Ah, c’était enfin la fin du règlement. Il était relativement long, mais ça leur avait donné envie d’en savoir plus sur l’univers des rpg sur forum, étrangement. Surtout l’avant-dernier point :

Amusez-vous ! Les admins ne sont pas là que pour faire régner l’ordre et pour assurer la bonne marche du forum, mais aussi pour prendre du bon temps, avec vous ! Ils ne mangent personne (Et oui, ils font attention à leur poids, que voulez-vous...), alors n’hésitez pas à leur poser des questions si vous n’avez pas compris quelque chose !

C’était effectivement un amusement, il ne fallait pas l’oublier.

« Si vous avez un souci n’hésitez pas à nous en parler, nous savons écouter et conseiller si vous en avez besoin ! »

« C’est clairement pas l’agent Kelly qui a écrit ça, elle est tellement... »
« T’exagères, elle est plutôt sexy, je lui demanderais bien d’aller prendre un verre avec moi un jour... Tu l’imagines dans une belle robe moulante ? »
« Cela n’arrivera jamais et vous avez 10 secondes pour m’expliquer tout ce que cela signifie avant que je ne décide de vous virer. »
Dis une voix féminine derrière eux.

Ils déglutirent bruyamment et se tournèrent sur la silhouette en colère de leur patronne, l’agent Agatha Kelly. Ils tentèrent de bafouiller des excuses et des explications, mais elle les coupa :

« La réunion pour l’organisation du 14 juillet va bientôt commencer, bougez-vous ! N’oubliez pas que nous avons reçu des menaces, il faut qu’on trouve cette foutue bande de rebelles avant qu’ils ne mettent la ville à feu et à sang ! »
« Mais pourquoi ne pas annuler la fête ? »
osa un des deux hommes.
« Vous irez expliquer à la presse que le gouvernement américain est incapable de localiser 15 abrutis dans une ville surveillée 24 h sur 24 ? Vous avez trouvé quelque chose dans l’ordinateur de la gamine ? »
« Négatif, madame. »
« Grouillez-vous d’aller dans la salle de réunion dans ce cas ! »

Elle les observa partir en soupirant d’agacement et elle se pencha sur l’écran que les deux regardaient. Des enfantillages... Ils n’avaient pas que ça à faire et elle appuya sur un bouton du clavier pour faire une recherche rapide de choses intéressante, mais il n’y avait vraiment rien. Elle effaça le contenu du disque dur de rage et se tourna vers une carte affichée.

« Comptez les jours qu’il vous reste avant qu’on vous trouve... Je me ferais un plaisir d’injecter moi-même la dose pour vous exécuter, traitres. »

Annexe sur les informations complémentaires à écrire

Annexe sur le système de jeu à écrire

Annexe sur le Guide du nouvel arrivant à écrire

Annexe sur les différences entre les Midgets et les Gigantis à écrire